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    Industrie pharmaceutique : essors et défis des exportations marocaines vers l’Afrique en 2025.

    Le secteur pharmaceutique au Maroc connaît un tournant stratégique : après des années de renforcement de ses capacités internes, il se tourne plus résolument vers l’exportation, notamment vers les pays africains, en quête de diversification et d’attractivité. En 2025, au moment où l’Afrique renforce ses ambitions de souveraineté sanitaire, le Maroc se positionne comme pôle pharmaceutique régional grâce à ses capacités industrielles, ses réformes réglementaires et ses partenariats internationaux.

    Développements récents et performances.

    Selon un article de juin 2025, le Maroc couvre aujourd’hui environ 65 % de ses besoins pharmaceutiques internes et exporte environ 10 % de sa production vers la région MENA et l’Afrique. Le tissu des établissements pharmaceutiques industriels (EPI) comptabilise plus de 50 unités actives, avec des investissements récents dans la R&D, les upgrades GMP et la consolidation des chaînes de valeur. En outre, le secteur se distingue à la Bourse de Casablanca : l’indice “Industrie pharmaceutique” affiche plus de +88 % de progression year-to-year en 2025, reflet de la confiance et de la dynamique du marché.

    Les exportations restent modestes en valeur globale mais en croissance. Une source mentionne que les exportations pharmaceutiques ont augmenté de +8 % en moyenne annuelle entre 2020 et 2024, passant d’1,1 milliard DH à 1,5 milliard DH.  Par ailleurs, des analystes soulignent que d’ici 2030 le Maroc pourrait atteindre les 500 millions US $ d’exportations pharmaceutiques, en s’appuyant sur l’expansion vers l’Afrique.

    Alliances régionales, montée en gamme et secteur export.

    Le Maroc multiplie les partenariats pour renforcer sa compétitivité export. Exemple récent : Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et ses partenaires ont signé, en novembre 2025, un accord pour développer les capacités de fabrication pharmaceutique au Maroc, incluant des volets export et Afrique.  Sur la montée en gamme, on observe une orientation vers les formes à valeur ajoutée (biothérapies, vaccins, médicaments complexes) et vers la conformité aux standards internationaux (OMS, UE) pour faciliter l’accès aux marchés étrangers.

    Sur le plan exportation vers l’Afrique, le Maroc s’appuie sur sa position géographique, ses accords commerciaux, et ses logistiques adaptées pour desservir les pays francophones et d’Afrique de l’Ouest. Le concept de « hub pharmaceutique africain » lui est attribué dans certaines analyses.

    Défis majeurs à affronter.

    Malgré cette dynamique, plusieurs défis structurels persistent. En premier lieu, la valeur des exportations reste encore relativement faible, ce qui limite l’impact macro-économique. Comme rappelé, les chiffres restent dans la centaine de millions de dollars-dirhams alors que les ambitions sont plus élevées.

    Ensuite, les barrières réglementaires et d’homologation dans les pays africains sont nombreuses : obtention des AMM, variations dans les exigences locales, logistique, permis d’importation, profondeurs de marché limitées. Le Maroc doit encore développer des « routes export » fluides vers l’Afrique, avec des services après-vente, des partenariats locaux, des licences de distribution.

    Troisièmement, malgré les progrès, l’intégration locale de la chaîne (API, principes actifs) demeure limitée. Une dépendance aux importations d’ingrédients actifs peut réduire la marge de manœuvre à l’export et limiter la compétitivité.  Enfin, la montée en gamme implique des investissements lourds (R&D, certifications, normes internationales) et la mobilisation de compétences (biotechnologie, essais cliniques, réglementation internationale) qui ne sont pas encore pleinement matures dans toutes les filières.

    Conclusion et perspectives:

    En 2025, l’industrie pharmaceutique marocaine franchit une étape : elle devient non seulement un acteur de souveraineté nationale mais aussi un exportateur ciblé vers l’Afrique. Les résultats sont tangibles (capacité locale accrue, dynamisme boursier, premier jalon exportateur) et l’orientation vers l’exportation est affirmée.

    Pour transformer cette ambition en leadership durable sur l’Afrique, il faudra accélérer la montée en valeur ajoutée, structurer les corridors d’export, accompagner les PME pharmaceutiques dans les normes internationales, et renforcer la logistique de distribution africaine. Si ces conditions sont réunies, le Maroc pourrait devenir un hub pharmaceutique continental, au service de la santé africaine.