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    ZLECAf 2025 : comment le Maroc consolide sa place dans le commerce intra-africain.

     

    Entrée en phase opérationnelle progressive depuis 2021, la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAf) atteint en 2025 un tournant décisif. Avec plus de 50 pays signataires, elle constitue aujourd’hui le plus vaste marché intégré au monde en nombre de pays. Pour le Maroc, engagé de longue date dans une stratégie africaine économique et diplomatique, la ZLECAf représente un levier majeur pour renforcer sa présence commerciale, industrialiser ses échanges et positionner ses entreprises comme acteurs structurants du commerce intra-africain.

    1. Le Maroc dans la ZLECAf : un positionnement stratégique affirmé.

    En 2025, le Maroc fait partie des pays africains les plus avancés dans la mise en œuvre des instruments de la ZLECAf. Selon la Commission économique pour l’Afrique (ONU-CEA, rapport 2025), le Royaume se distingue par :

    • Un cadre réglementaire aligné sur les règles d’origine de la ZLECAf,

    • Une administration douanière digitalisée,

    • Une politique industrielle tournée vers l’export régional.

    Le commerce du Maroc avec l’Afrique subsaharienne a dépassé 52 milliards de dirhams en 2024, avec une croissance moyenne annuelle de plus de 10 % depuis 2019 (Ministère de l’Industrie et du Commerce, 2025). Cette dynamique place le Maroc parmi les premiers investisseurs africains en Afrique de l’Ouest et Centrale, notamment dans les secteurs bancaire, télécoms, engrais et BTP.

    2. Corridors logistiques : la colonne vertébrale du commerce intra-africain.

    La réussite marocaine dans la ZLECAf repose largement sur ses corridors logistiques structurants, qui relient le Royaume aux marchés africains :

    a. Axe Atlantique (Tanger – Dakar – Abidjan)

    • Tanger Med sert de plateforme de transbordement majeure vers l’Afrique de l’Ouest.

    • Des lignes maritimes régulières desservent plus de 25 ports africains.

    • Les délais de transit vers Dakar ou Abidjan ont été réduits de près de 30 % depuis 2020 (AMDL, 2025).

    b. Axe Saharien (Agadir – Laâyoune – Dakhla – Afrique de l’Ouest)

    • Le développement du port de Dakhla Atlantique renforce l’intégration logistique du Sud marocain.

    • La route Tiznit–Dakhla facilite le transport routier vers la Mauritanie et le Sahel.

    c. Intermodalité et zones logistiques intérieures

    • Création de plateformes logistiques à Fès, Béni Mellal et Marrakech pour soutenir l’export des PME.

    • Intégration rail–route–port pour réduire les coûts logistiques, encore estimés à 15 % du coût des produits (Banque mondiale, 2025).

    3. Services financiers : un avantage comparatif marocain.

    Le Maroc joue un rôle clé dans la ZLECAf grâce à son écosystème financier panafricain :

    • Les groupes bancaires marocains (Attijariwafa Bank, BCP, BMCE Bank of Africa) sont présents dans plus de 25 pays africains.

    • Déploiement de solutions de financement du commerce, de garanties à l’export et de services de change adaptés à la ZLECAf.

    • Casablanca Finance City (CFC) s’impose comme hub financier régional pour les opérations africaines.

    Selon Bank Al-Maghrib (rapport 2025), les flux financiers entre le Maroc et l’Afrique ont progressé de +18 % en 2024, tirés par le financement des échanges et des investissements productifs.

    4. PME exportatrices : de nouvelles opportunités sous la ZLECAf.

    La ZLECAf ouvre un champ inédit pour les PME marocaines, longtemps limitées par la fragmentation réglementaire africaine. En 2025 :

    • Plus de 1 200 PME marocaines exportent régulièrement vers l’Afrique (AMDIE, 2025).

    • Les secteurs les plus dynamiques sont :

      • agro-alimentaire,

      • matériaux de construction,

      • textile technique,

      • équipements électriques,

      • services numériques.

    Des programmes publics soutiennent cette dynamique :

    • Export Morocco Now,

    • guichets ZLECAf régionaux,

    • accompagnement à la certification et à la conformité réglementaire.

    La ZLECAf permet une réduction progressive des droits de douane sur 90 % des lignes tarifaires, améliorant la compétitivité des produits marocains.

    5. Défis persistants et leviers d’amélioration.

    Malgré les avancées, plusieurs défis demeurent :

    • Barrières non tarifaires (normes, procédures locales),

    • Inégalités d’infrastructures entre pays africains,

    • Manque d’information des PME sur les règles de la ZLECAf,

    • Besoin de logistique du dernier kilomètre en Afrique.

    Pour y répondre, le Maroc mise sur :

    • la diplomatie économique,

    • la coopération Sud-Sud,

    • le renforcement des accords bilatéraux complémentaires à la ZLECAf.

     

    En 2025, la ZLECAf devient un levier stratégique pour le Maroc, qui consolide sa place comme pont commercial entre l’Europe et l’Afrique et comme moteur du commerce intra-africain. Grâce à ses corridors logistiques, à son système financier panafricain et à l’essor de ses PME exportatrices, le Royaume s’inscrit parmi les économies africaines les mieux préparées à tirer parti de l’intégration continentale.

    À moyen terme, la capacité du Maroc à transformer ces opportunités en chaînes de valeur africaines intégrées déterminera son rôle durable au sein de la ZLECAf — non plus seulement comme exportateur, mais comme architecte du commerce africain de demain.