Rejoindre la FIDM

Merci pour votre volonté de rejoindre la FIDM! Un membre de notre équipe vous contactera prochainement pour finaliser votre adhésion.

    Transition énergétique : nouveaux mécanismes d’incitation pour les investissements solaires et éoliens.

    Face aux enjeux climatiques mondiaux et à sa dépendance aux importations d’énergie fossile, le Maroc a décidé de renforcer sa stratégie de transition énergétique. Pour 2025, plusieurs mesures nouvelles visant à mobiliser les investissements dans les filières solaire et éolienne ont été mises en place, incluant réformes fiscales, appels d’offres publics et incitation des capitaux de la diaspora. Cet article explore les mécanismes d’incitation, les appels d’offres phares de 2025, ainsi que le rôle que peut jouer la diaspora marocaine dans cette dynamique.

    1. Réformes fiscales et incitations 2025.

    Le projet de loi de finances 2025 (PLF 2025) marque un tournant en matière de fiscalité verte : il prévoit la suppression de l’exonération de la TIC (Taxe intérieure de consommation) sur le fioul lourd et les houilles, et une hausse des taux applicables, afin d’« envoyer un signal prix vers les énergies fossiles ».
    Par ailleurs, une analyse publiée dans IJAFAME évoque des « mesures incitatives pour les équipements solaires et éoliens » comme l’exonération de la TVA et l’amortissement accéléré des investissements dans les EnR.
    Le site Net Zero Circle mentionne que le Maroc encourage les investissements privés dans les énergies renouvelables en offrant une stabilité réglementaire et des cadres de garanties.

    En résumé, les principaux leviers fiscaux 2025 sont :

    • Une suppression ou diminution des avantages pour les énergies fossiles (TIC) pour orienter les capitaux vers les renouvelables.

    • Des réductions ou exonérations pour l’installation d’équipements solaires/éoliens, notamment dans l’autoconsommation ou les projets industriels.

    • Un environnement réglementaire plus transparent pour les investisseurs privés, y compris étrangers et diaspora.

    2. Appels d’offres et projets structurants 2025.

    Selon l’analyse de Net Zero Circle, la stratégie énergétique marocaine met l’accent sur les projets solaires et éoliens, tirant parti à la fois du potentiel géographique (rayonnement solaire important, vents atlantiques) et de la dynamique mondiale
    Bien qu’un document public détaillé des appels d’offres 2025 ne soit pas intégralement accessible, on constate que le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable (MTEDD) a organisé une réunion de haut niveau le 15 février 2025 qui a réaffirmé la poursuite des programmes de grandes centrales renouvelables et la participation du secteur privé.
    Le rapport du CESE (Conseil économique, social et environnemental) avait estimé que pour atteindre les objectifs de 2030 (plus de 52 % de la production électrique à partir d’EnR), des mécanismes d’appels d’offres plus réguliers, un foncier aménagé et des sorties tarifaires sécurisées étaient nécessaires.
    Ainsi, en 2025, les appels d’offres privilégient :

    • Les projets éoliens offshore ou en zone côtière forte de vents.

    • Les centrales solaires photovoltaïques et hybrides (PV + stockage) dans les zones intérieures et en zone Saharienne.

    • Des dispositifs de co-investissement public-privé, des garanties de l’État ou des partenariats avec des investisseurs étrangers.
      Ces projets créent des opportunités d’investissement direct, pour les promoteurs, pour des fournisseurs d’équipements, mais aussi pour des financiers et des Marocains de la diaspora souhaitant participer à la transition.

    3. Le rôle des capitaux de la diaspora.

    La diaspora marocaine constitue une ressource financière potentielle à mobiliser dans la transition énergétique. Même s’il n’existe pas encore de mécanisme spécifique « diaspora renouvelables » officialisé en 2025, les réformes fiscales et l’ouverture à l’investissement privé offrent un cadre favorable.
    En particulier, les indications de stabilité réglementaire, les incitations à l’investissement privé et le renchérissement des coûts fossiles (signal prix) renforcent l’attractivité des projets renouvelables pour des investisseurs à l’étranger souhaitant s’engager au Maroc.
    Cet accès est d’autant plus pertinent que les grands projets solaires/éoliens nécessitent des capitaux importants, parfois co-financés par des fonds privés ou la diaspora qui peut jouer un rôle de « financier patient ». De plus, la diaspora peut être impliquée dans des rôles d’équipementiers, de mise en œuvre régionale ou de soutien aux services associés (maintenance, fourniture locale).
    En 2025, le Bulletin officiel mentionne des dispositions de la loi de finances n° 60-24 (année 2025) autorisant des opérations de prêt ou financement (ex. 100 millions d’euros de la KfW pour le programme « Appui aux politiques climatiques ») ; cette structure montre l’ouverture du Maroc aux financements externes et pourrait être élargie aux investissements de la diaspora.

    4. Défis à surmonter.

    Pour que ces mécanismes d’incitation produisent leur plein effet, plusieurs conditions restent à combler :

    • Une infrastructure foncière et de raccordement réseau prête à accueillir les projets, notamment dans les zones intérieures ou côtières éloignées.

    • Une uniformisation tarifaire et de sortie (PPAs) sécurisée pour les investisseurs (prix de l’achat d’électricité, durée, indexation) afin de garantir un retour sur investissement.

    • Un cadre de garantie et de financement accessible aux investisseurs de taille moyenne ou provenant de la diaspora qui ne disposent pas des mêmes ressources que les grands promoteurs internationaux.

    • Une capacité locale de montage de projets (équipements, maintenance, logistique) pour maximiser la valeur ajoutée domestique et réduire les dépendances.

    • Une sensibilisation et un accompagnement des investisseurs de la diaspora, qui doivent naviguer entre fiscalité, changes, et accès aux opportunités régionales.

    L’année 2025 constitue un moment charnière pour la transition énergétique du Maroc : avec des réformes fiscales significatives, des appels d’offres en renouvelables bien orientés, et une ouverture réelle aux capitaux privés — y compris ceux de la diaspora —, le Royaume avance vers ses objectifs de mix électrique renouvelable.
    Pour que cette dynamique se traduise en succès durable, il faudra maintenir l’attractivité via des cadres stables, promouvoir l’investissement diversifié (y compris diaspora), et assurer que les projets bénéficient aux régions intérieures, renforcent compétitivité et emploi. Si ces conditions sont remplies, le Maroc pourrait s’imposer comme un hub de production solaire et éolienne pour l’Afrique, tirant pleinement parti de ses avantages géographiques, logistiques et humains.