Maroc Digital 2030 : premières réalisations et ajustements en 2025.
En 2025, la mise en œuvre de Maroc Digital 2030 entre dans une phase « exécution-apprentissage » : les chantiers avancent (services publics en ligne, cadre “cloud souverain”, cybersécurité, IA), et les retours d’expérience conduisent déjà à des réajustements. Plusieurs jalons officiels marquent l’année : premières Assises nationales de l’IA (juin), consolidation du cadre réglementaire cloud (décret 2-24-921 & arrêté d’août 2025), montée en puissance de la stratégie nationale de cybersécurité et d’événements étatiques dédiés.
Bilan d’exécution 2025 : ce qui a été lancé.
IA & compétences : l’État a tenu, le 25 juin 2025, les premières Assises nationales de l’intelligence artificielle, pour cadrer usages, éthique et priorités d’investissement (data, calcul, talents) dans l’administration et l’économie. Ces travaux s’inscrivent dans la trajectoire Maroc Digital 2030 et fixent une gouvernance publique de l’IA.
Cybersécurité : la Stratégie nationale de cybersécurité 2030 demeure le socle de protection ; elle est animée par la DGSSI via des programmes 2025 (Forum Africain de la Cybersécurité, guides, référentiels). L’objectif est de sécuriser administrations, IIV et écosystèmes régionaux, dans la continuité du cadre légal (loi 05-20, DNSSI).
Cloud souverain & hébergement des données publiques : le décret 2-24-921 (oct. 2024) a été rendu opérationnel en 2025 par un référentiel de qualification des prestataires cloud, fixé par arrêté du 1ᵉʳ août 2025. Concrètement, toute entité publique/IIV qui externalise des SI ou données sensibles doit choisir un prestataire qualifié selon des exigences de sécurité, localisation et contrôle. C’est l’un des chantiers structurants de 2025 pour fiabiliser la numérisation.
Administration numérique & simplification : le ministère chargé de la transition numérique publie des feuilles de route et bilans (services en ligne, identités numériques, dématérialisation), qui s’alignent avec les orientations générales pour le digital (ADD) et la réforme de l’administration (MMSP). Les priorités 2025 : interopérabilité, sécurité, expérience usager.
Défis observés en 2025 : là où ajuster la stratégie.
Souveraineté & cloud : la qualification des prestataires est un progrès, mais la bascule effective des données critiques vers des environnements conformes exige un accompagnement technique, budgétaire et des capacités d’audit côté administrations. Les bulletins officiels soulignent l’urgence de maîtriser dépendances technologiques, localisation des données et continuité d’activité.
Cyber-risque PME : les notes de veille 2025 rappellent que les PME restent vulnérables (outillage, budget, compétences). Sans plan de diffusion (incitations, mutualisation SOC, schémas sectoriels), l’attaque de la chaîne d’approvisionnement pourrait freiner la numérisation.
Capacités IA : les Assises ont clarifié la vision, mais la montée en charge requiert données de qualité, infrastructures de calcul et talents dans toutes les régions (pas seulement les hubs). Les coûts énergétiques des data centers et la gouvernance de la donnée publique appellent des normes et financements dédiés.
Ajustements et priorités 2026 (dans l’esprit de Maroc Digital 2030)
Accélérer le “cloud souverain opérationnel” : publier des listes de prestataires qualifiés, calendriers de migration par familles de SI, et guides d’achat public cloud ; instaurer des audits réguliers DGSSI & contrôles d’homologation (IIV).
Massifier la cybersécurité des PME : déployer un pack national PME-Cyber (bons d’audit, formation, assurance), s’appuyer sur les référentiels DGSSI, et mutualiser des services managés régionaux.
Industrialiser l’IA publique : faire suite aux Assises par des programmes sectoriels (santé, justice, fiscalité, éducation), incluant gouvernance de la donnée, catalogues de cas d’usage, et centres de compétences ; publier un suivi d’indicateurs (procédures numérisées, gains de délais, satisfaction usagers).
Interopérabilité & identité numérique : renforcer les socles communs (registres, API, signature et cachet électroniques qualifiés) pour fluidifier l’expérience usager et la circulation des données publiques conformément à la loi 43-20.
Gouvernance et transparence : produire chaque année un bilan public de Maroc Digital 2030 (projets livrés, économies générées, incidents cyber, taux de disponibilité), pour piloter l’amélioration continue.
2025 aura été l’année des fondations exécutoires : Assises de l’IA, cadre cloud sécurisé, animation cyber et consolidation des métiers de l’administration numérique. Les défis identifiés — souveraineté des infrastructures, résilience cyber des PME, industrialisation des cas d’usage IA, interopérabilité — appellent des ajustements pragmatiques dès 2026. En prolongeant cette logique “livrer-mesurer-corriger”, Maroc Digital 2030 peut traduire l’ambition en gains concrets pour les citoyens, les entreprises et l’État.