De la politique à l’économie, les femmes marocaines s’imposent de plus en plus dans la société marocaine, mais peinent encore à atteindre leur plein potentiel. L’Organisation de la Femme Istiqlalienne (OFI), conduite par la militante Khadija Ezzoumi, appelle à des actions concrètes pour un avenir plus égalitaire.

- Les femmes marocaines ont accompli ces dernières années des avancées notables dans tous les domaines. Quels obstacles doivent-elles encore surmonter aujourd’hui ?
Bien que les femmes marocaines aient remporté des succès notables, des obstacles majeurs persistent. Les taux de maladie, de pauvreté, de chômage et d’autres problèmes sociaux demeurent disproportionnellement élevés chez elles. Il est donc impératif de réévaluer les politiques publiques, en particulier celles relatives au chômage, qui touchent de manière alarmante les femmes. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les filles excellent dans leurs études, comme en témoignent les résultats du baccalauréat.
Il est préoccupant de constater que, malgré leurs diplômes, les femmes rencontrent plus de difficultés que les hommes pour trouver un emploi. Il est impératif que les politiques publiques s’intéressent aux raisons de cet écart et aux parcours de ces jeunes femmes diplômées.
En tant qu’Organisation de la femme istiqlalienne, nous sommes profondément préoccupées par les dynamiques sociales, en particulier celles qui touchent les femmes. Les inégalités persistent au sein même de la structure familiale, comme en témoigne l’attribution du soutien social. Cette situation soulève des questions fondamentales sur le rôle des femmes en tant que chefs de famille et sur leur droit à l’égalité. Bien que les femmes marocaines aient accompli des progrès significatifs par rapport à leurs homologues de la région, elles restent confrontées à d’importants obstacles socioculturels. De plus, les défis majeurs auxquels elles sont confrontées incluent l’emploi, la protection sur le lieu de travail et la conciliation entre vie professionnelle et familiale, aggravés par le manque de structures de soutien telles que les crèches et par la persistance du harcèlement et de la discrimination.
- Quel est votre avis sur les lois et les politiques publiques actuelles visant à promouvoir l’égalité des sexes, notamment la réforme du Code de la famille ?
La protection de l’enfant, maillon faible de la famille, est une priorité pour nous. Nous appelons à un modèle familial équilibré, respectueux des valeurs de la chariâa, qui encourage la bienveillance et la justice. Le mariage, union sacrée, repose sur l’amour et la solidarité. Les sacrifices, nécessaires à la vie commune, doivent être partagés équitablement, dans le respect de chacun.
Bien que nous ayons pris connaissance de certains éléments du Code de la famille, nous attendons la publication de l’ensemble du texte pour pouvoir l’évaluer de manière approfondie et participer au débat. Nous saluons les premiers éléments du Code de la famille, qui témoignent d’une prise en compte de nos préoccupations. Nous sommes conscients de la diversité des opinions au sein de la société, mais nous restons fidèles à notre vision, inspirée des principes d’Allal Al-Fassi, qui prône l’équité, l’équilibre et l’harmonie au sein de la famille.
- Comment l’Organisation de la Femme Istiqlalienne (OFI) compte-t-elle s’y prendre pour renforcer la présence des femmes dans les instances décisionnelles et les postes de leadership ?
Ce n’est pas un hasard, car Allal Al-Fassi avait depuis longtemps compris l’importance cruciale des femmes dans la société et leur nécessité au sein des institutions. Sa prévoyance confirme la justesse de mes propos. Aujourd’hui, nous comptons sur le Dr Nizar Baraka pour apporter des améliorations significatives au sein du parti. Le congrès, étape cruciale, est désormais derrière nous, et le Parti de l’Istiqlal entre dans une nouvelle ère de dynamisme et d’ouverture. Nous espérons que le Secrétaire Général favorise une représentation féminine d’un tiers au sein du Comité central.
Nous poursuivrons sans relâche notre combat pour atteindre une représentation féminine d’au moins un tiers au Parlement, et la parité dans les instances régionales. Parallèlement, nous revendiquons une présence accrue des femmes dans les collectivités locales. Nous insistons sur la nécessité pour les femmes de renforcer leurs compétences afin de pouvoir assumer pleinement leurs responsabilités au sein des institutions. Nous encourageons vivement nos militantes à se présenter aux élections régionales, car la participation des femmes ne doit pas se limiter aux listes régionales. Nous devons relever ce défi et participer activement au processus démocratique. Nous appelons le parti et son Secrétaire Général à soutenir activement la candidature d’au moins dix “soeurs” aux élections locales, en dehors des listes régionales.
- Quelles sont vos priorités en tant que présidente de l’OFI pour faire avancer les droits des femmes ?
Nous souhaitons renforcer la présence des femmes istiqlaliennes dans tous les secteurs de la société. Nous demandons des politiques d’emploi spécifiques pour les femmes, et nous dénonçons les inégalités dans l’enseignement et l’emploi. Nous appelons à des mesures concrètes pour garantir le mérite et l’égalité.
- Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes femmes marocaines à l’occasion de la Journée internationale des femmes ?
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